La théorie de la couleur
La couleur, cette composante essentielle de notre vision, est un outil dévastateur pour le graphiste. D'une explication optique à l'explication des deux types de synthèses, voyagez à travers les méandres de cet élément de langage graphique essentiel.
Mise en contexte
Nous voyons notre environnement grâce à la réflexion de la lumière sur les objets. La lumière du soleil, dite « blanche », est composée de toutes les couleurs existantes. Ainsi, lorsque nous regardons un objet, la couleur qui nous est renvoyée est la seule qui n’est pas absorbée par celui-ci.
Notre rétine est composée de deux types de cellules photosensibles spécialisées : les bâtonnets, qui perçoivent la lumière, et les cônes qui perçoivent les couleurs. Par ailleurs, le daltonisme est un trouble de la vision dû à un dysfonctionnement des cônes. Ce trouble entraîne des difficultés à différencier certaines couleurs, le cas le plus fréquent étant la confusion entre le rouge et le vert. Le daltonisme est le plus souvent d’origine génétique et touche davantage les hommes que les femmes.
Cependant, même si la couleur peut être vue de façon identique par deux personnes, les codes associés par l’Homme peuvent en changer le message et la symbolique.
Quelques notions de physique

La lumière est une onde. Elle se mesure en nanomètres (nm). Les couleurs sont issues de la décomposition de la lumière blanche en plusieurs ondes électromagnétiques de tailles différentes. La lumière visible est composée d’ondes dont la taille dans le vide est comprise entre 400 nm (le violet) et 700 nm (le rouge). Au delà de ce seuil, on trouve les ultraviolets et les infrarouges, des lumières non visibles par l’homme.
Une base solide : le cercle chromatique
Le cercle chromatique est une représentation qui ordonne les couleurs autour d’un cercle. Les couleurs se succèdent dans l’ordre de l’arc-en-ciel : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. On procède par couleurs vives et pures, sans gradation progressive. Cette représentation met toutes les couleurs sur un pied d’égalité et permet de les désigner par rapport à leur angle.

Certains artistes comme Johannes Itten ont utilisé le cercle chromatique pour travailler sur les harmonies colorées, utilisant des formes géométriques (triangle équilatéral, carré, rectangle) pour construire les accords de couleur.
Les synthèses
La synthèse des couleurs désigne la manière dont on obtient différentes couleurs en combinant d’autres couleurs. Deux synthèses de couleur existent. Leur nom est directement lié à la façon dont se construit la couleur.

La synthèse additive :
Un écran d’ordinateur de télé est constitué de petits carrés côte à côte appelés pixels. Lorsque l’écran est noir, cela signifie que tous les pixels sont « éteints ». Chaque pixel est composé de trois couches de couleurs : rouge, vert et bleu (RVB ou RGB en anglais). Si ces trois couches sont allumées à leur valeur maximum, on obtient un pixel blanc. La variation d’intensité de ces trois couches permet de composer les autres couleurs.
La synthèse soustractive :
Elle consiste à combiner de la matière cyan, magenta et jaune (CMJ ou CMY en anglais). En imprimerie, on ajoute une quatrième couleur : le noir. Il permet d’obtenir des noirs profonds. On parle alors de CMJN. C’est la fameuse quadrichromie. Le papier étant blanc, on doit donc enlever de la lumière, en combinant C, M et J avec du noir.
Le dictionnaire de la couleur
En fonction des métiers, vous trouverez l’un ou l’autre des termes ci-dessous :
La teinte ou le ton : c’est une composante essentielle. C’est elle qui définit si la couleur est un jaune, un rouge, un vert. Elle est indiquée en degrés, en référence au cercle chromatique.
La saturation ou la vivacité : c’est la pureté de la couleur, ce qui l’éloigne ou la rapproche d’un « gris ». Elle est définie en pourcent. 0% correspond à un gris (quelle que soit la teinte). 100% correspond à la teinte pure. Par exemple du jaune vif.
La luminosité ou la valeur : c’est la perception de l’aspect lumineux de la couleur, ce qui l’éloigne ou la rapproche du noir. Elle est définie en pourcent. 0 % correspond à du noir, 100 % à du blanc.
La nuance : les petites différences entre des tons de même désignation, par exemple des nuances de gris ou des nuances de vert.
Les couleurs primaires : ce sont les couleurs qui ne peuvent être obtenues par mélange. Les couleurs primaires sont différentes selon la synthèse utilisée. Lorsque la couleur est créée par des pigments, sur le papier par exemple, les couleurs primaires sont le bleu, le rouge et le jaune (ou cyan / magenta / jaune).
L’encodage
L’encodage de la couleur désigne la manière dont une couleur est représentée numériquement pour être utilisée, affichée ou transmise sur des écrans.

TSL : la couleur est composée en termes de Teinte, Saturation, Lumière. La teinte est définie en degré. Les deux autres composantes en pourcents.
RVB : la couleur est composée en Rouge, Vert, Bleu avec pour chacun une valeur de 0 à 255.
CMJN : la couleur est composée avec des pourcentages d’encre de 0 à 100% : Cyan, Magenta, Jaune et noir. C’est ce système que l’on travaille un objet imprimé sur un ordinateur.
Hexadécimal : la couleur est encodée en rouge, vert et bleu, mais en utilisant une base 16 au lieu d’une base 10. On compte jusqu’à 9 puis au lieu de passer à la dizaine, comme en base 10, on passe à A pour 10, B pour 11, C pour 12, etc. C’est ce fameux code commençant par un # (non, pas l’hashtag) et suivi de 6 caractères de 0 à F. Par exemple #30b4d5. Cette notation permet de créer plus de 16 millions de couleurs différentes en combinant différentes intensités de rouge, vert et bleu.
La couleur en graphisme
La couleur s’applique de deux façons :
- En aplat : une couleur homogène sur l’ensemble de la zone.
- En dégradé : transition progressive d’une couleur à une autre. Les dégradés classiques sont dits « linéaires » ou « radiaux ».
